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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 01:11

Villa_Mokarta.jpg

 

L’afflux de demandeurs d’asile qui atterrissent en Sicile fait l’affaire des hôteliers, qui transforment leurs établissements en centres d’accueil pour migrants, bénéficiant pour ce faire d’une aide de l’état italien. Par effet de cascade, cette aide financière intéresse à son tour le plus grand employeur de l’île : la mafia.
 
L’hôtel Villa Mokarta, à Salemi, illustre la tendance : les sofas et les écrans plats des suites résidentielles y ont cédé la place à des lits supplémentaires qui permettent de loger jusqu’à huit migrants par chambre. Heureusement, ceux-ci n’ont que fort peu de bagages : un sac à dos, quelques joggings, et selon les cas une Bible ou un Coran. Son gérant, Salvatore Cascia, explique : « Les réservations touristiques ont chuté de plus de 50%, donc on a décidé de loger des migrants, à la place. » Et depuis février 2014, son hôtel loge 140 demandeurs d’asile, pour la plupart originaires d’Afrique de l’Ouest et du Bangladesh (photo).
 
Il faut dire que ça paye : le gouvernement italien débourse 30€ par jour et par migrant. Sur cette somme, 2,50€ vont aux migrants eux-mêmes comme argent de poche, et le reste sert à payer la Villa Mokarta et les centaines d’autres hôtels siciliens ainsi reconvertis pour le gîte, le couvert et les services à la personne tels que des cours d’italien, le soutien psychologique et l’assistance juridique pour déposer son dossier d’immigration.
 
Ce nouveau business de l’accueil des migrants fait florès : la Sicile accueille en permanence plus de 32 300 migrants, ce qui représente donc près d’un million d’Euros de subventions publiques à partager chaque jour…
 
Un de ces migrants, Ebou Cham, originaire de Gambie, explique : « Ici, on peut manger, faire du sport et se libérer l’esprit. » La Villa Mokarta lui offre coach sportif, salle de sport, baby-foot, télévision satellitaire, WiFi gratuit et même un potager mis à la disposition des migrants pour qu’ils subviennent à une partie de leurs besoins.
 
La Villa Mokarta n’est qu’un des trente-deux hôtels, anciennes écoles et maisons de retraite du littoral de la région de Trapani, dans l’Ouest sicilien, à s’être reconvertis en centres d’accueil pour migrants cette année. Une bouffée d’oxygène pour cette région qui souffre depuis 2008 de la pire récession qu’elle ait connue depuis 1945.
 
Tout n’est cependant pas rose. La population sicilienne nourrit un ressentiment croissant contre ces immigrés oisifs, logés et nourris gratis, qu’ils accusent de contribuer à l’insécurité.
 
Ce n’est pas tout. Des associations caritatives, comme la Caritas de l’église catholique, ont révélé que des bandes organisées de la mafia sicilienne s’étaient arrangées pour empocher une bonne part de la manne étatique.
 
Mario Michele Giarrusso, sénateur sicilien appartenant au parti M5S (Movimento 5 Stelle, le mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo), s’épanche : « L’argent coule à flot, par millions d’Euros, attribués sans aucun appel d’offre et sans vérifier que les structures d’accueil ont leur certificat anti-mafia. C’est un énorme scandale dans un endroit comme la Sicile, un risque terrible ! »
 
Des enquêtes de police ont prouvé que certains de ces centres entassaient des migrants dans des espaces insalubres et ne leur donnaient qu’un peu de riz à manger. Ailleurs, même sans verser dans ces extrémités, ce sont tous les services hôteliers qui ont été montés exprès par la mafia. Le « soutien psychologique » dont sont censés bénéficier les demandeurs d’asile est souvent réduit à la portion congrue, bien que plusieurs aient été signalés avoir des pulsions suicidaires et que la violence serve parfois d’exutoire aux épreuves qu’ils ont subies.
 
L’idée de la mafia est simple : ouvrir un maximum de centres, y accueillir un maximum de migrants le plus longtemps possible, chaque migrant et chaque journée faisant tomber une bonne partie des 30€ d’aide dans sa poche.
 
Des bénévoles qui travaillent dans ces centres d’accueil ont tenté de dénoncer la corruption à laquelle ils assistaient : ils ont été menacés, prévenus de garder le silence.
 
Comme quoi certains Européens ont un intérêt bien calculé à ce qu’il y ait des migrants et à ce qu’ils restent le plus longtemps possible dans des centres d’accueil à ne rien faire. Peut leur chaut si ce n’est pas là ce que sont venus chercher ces rêveurs de cocagne, et s’ils ont l’impression de se faire encore exploiter.
 


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Published by Dom Bosco - dans Droits de l'homme
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Charlequin 08/12/2014 04:21


Il y en a un autre qui se fait bien exploiter aussi : c'est le contribuable italien.

Dom Bosco 08/12/2014 17:14



Oui, lui aussi, même si sa désillusion n'est pas comparable à celle du migrant floué trois fois.