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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 01:05

Richard_III.jpg

 

Selon un article récemment paru dans la revue Nature Communication,, l’analyse de l’ADN de Richard III, roi d’Angleterre dont le squelette a été retrouvé à l’occasion du creusement d’un parking à Leicester, jette un éclairage nouveau sur une vieille énigme de la monarchie britannique.
 
En 2012, des chercheurs ont extrait l’ADN de ce squelette, qui avait été enterré dans l’ancienne abbaye de Greyfriars. On savait déjà que le roi y avait été inhumé après avoir été tué à la bataille de Bosworth en 1485.
 
L’analyse de cet ADN avait montré qu’il correspondait, pour sa partie transmise par la mère, à celui des descendants actuels de la famille royale, mais qu’il n’y correspondait pas du tout pour sa partie transmise par le père.
 
Certains avaient cru y voir une preuve que le squelette n’était pas celui de Richard III et s’étaient ému que les restes d’un inconnu puissent être ré-enterrés dans une sépulture royale, avec des honneurs indus.
 
Mais les chercheurs qui ont poussé l’analyse ADN plus loin concluent que le squelette est bien celui dudit roi défait, et qu’une très probable infidélité maternelle explique sans doute qu’il n’ait pas hérité des gènes de son père.
 
Le professeur Turi King, de l’Université de Leicester, a mené l’étude. Elle explique : « Si on rassemble toutes les données, les preuves sont écrasantes pour dire qu’il s’agit bien des restes de Richard III. »
 
Statistiquement, il y a entre les générations d’Anglais un taux de 1 à 2% de « fausses paternités », c’est-à-dire d’enfants dont la conception est faussement attribuée à un homme que l’on croit être le père mais qui en fait ne l’est pas.
 
Dans le cas de Richard III, le cocufiage royal a pu intervenir (d’après l’analyse des lignages ADN) à n’importe laquelle des nombreuses générations qui ont séparé Richard III de feu le cinquième duc de Beaufort (1744-1803) dont les descendants actuels ont fourni l’ADN qui a été comparé à celui du squelette.
 
De sorte que le professeur Kevin Schurer, expert en généalogies royales qui a contribué à l’enquête, a déclaré sur BBC News : « Nous avons peut-être résolu une énigme historique, mais ce faisant nous en avons ouvert une autre. »
 
La plupart des descendants mâles actuels du cinquième duc de Beaufort sont porteurs d’un type de chromosome Y relativement courant, contrairement au squelette du parking de Leicester.
 
Richard III Plantagenet et son royal rival, Henry Tudor (devenu plus tard Henry VII), descendaient tous deux d’Édouard III. Le cocufiage royal qui a séparé les lignées paternelles de Richard III et du duc de Beaufort (descendant de Henry Tudor) a pu intervenir aussi bien sur la lignée qui va d’Édouard III à Richard III que sur celle qui va d’Édouard III à Henry VII.
 
Un des ancêtres de Henry Tudor, John de Gaunt, a été, toute sa vie durant, suspecté d’être un enfant illégitime, vu que son père Édouard III n’était pas présent à sa naissance. La rumeur avait couru qu’il était le fils bâtard d’un boucher flamand.
 
Il y a belle lurette que tous ces gens sont morts, mais les mordus de généalogie royale expliquent que s’il se confirmait aujourd’hui que John de Gaunt n’était pas le fils d’Édouard III, cela signifierait que son fils Henry IV (couronné roi en 1399) n’avait aucune légitimité à monter sur le trône d’Angleterre, pas plus que Henry V et Henri VI. Stéphane Bern ne va plus savoir à quel saint se vouer.
 
Richard III a été vaincu au combat par Henry Tudor. Sa mort à la bataille de Bosworth en 1485 a marqué la fin de la dynastie des Plantagenet et le début du règne des Tudor, dont la dynastie s’est éteinte par la mort sans enfant de la reine Elizabeth I en 1603.
 
Le corps mutilé de Richard III avait été enterré dans l’abbaye de Greyfriars. Or le squelette découvert sur le chantier du parking, sur le site de l’ancienne abbaye, portait plusieurs signes caractéristiques du défunt roi, notamment une impressionnante déformation de la colonne vertébrale qui avait valu à Richard III d’avoir une épaule plus haute que l’autre.
 
L’analyse statistique menée par les chercheurs a établi que la probabilité que le squelette soit effectivement celui de Richard III est de 99,999%– ou, si l’on préfère, que la probabilité que ce ne soit pas le cas est de un pour cent mille – compte tenu de l’extrême rareté de son ADN mitochondrial (maternel).
 
Cela devrait avoir raison des doutes que les sceptiques avaient soulevé quant à l’ascendance royale du squelette du parking de Leicester.
 




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