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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 05:27

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Une nouvelle forme de mouvement anti-immigration secoue l’Allemagne : des milliers de manifestants descendent dans les rues pour dénoncer l’islamisation de leur pays et pour défendre l’héritage judéo-chrétien de la culture allemande.
 
Évidemment, ils ont rapidement été suspectés de servir de paravent à des activités néo-nazies.
 
Pourtant, les manifestants, qui ont lancé leur mouvement à Dresde dans l’ancienne RDA, n’arborent pas de slogans néo-nazis et n’ont pas grand-chose à voir avec l’extrême-droite traditionnelle allemande.
 
Au lieu de ça, les manifestants ont remis au goût du jour les vieux appels à manifester contre le régime communiste de l’ancienne Allemagne de l’Est, appels qui avaient contribué à faire tomber (idéologiquement, du moins) le Mur de Berlin en 1989. « Wir sind das Volk », peut-on lire sur les pancartes (photo), ce qui signifie « le peuple, c’est nous ! » et qui visait, du temps de la République Démocratique Allemande, à déposséder le régime communiste de sa représentativité du peuple qu’il prétendait incarner – et diriger sur le mode autocratique.
 
Indépendamment de ces manifestations, le parti au pouvoir en Bavière, la CSU (Christlich-Soziale Union, union des chrétiens sociaux), cherche à se démarquer d’un projet de résolution de son parti mère qui demande que les immigrants sachent parler l’allemand, non seulement dans les endroits publics, mais aussi chez eux (ce qui est évidemment invérifiable, et qui sonnerait le glas du bavarois en tant que langue régionale). Pourtant, la CSU ne saurait sérieusement être taxée de néo-nazisme…
 
On ignore parfois que l’Allemagne est la deuxième destination du monde pour les migrants, juste après les USA. Depuis le début des révolutions et des guerres au Maghreb et au Moyen-Orient, elle fait face à un afflux sans précédent de demandeurs d’asile et de candidats à l’immigration.
 
Le gouvernement d’Angela Merkel s’est clairement opposé aux velléités de celui de David Cameron de limiter la liberté de mouvement au sein de l’Union Européenne. Mais ce n’est pas cela que réclame le mouvement protestataire allemand. Les manifestations ciblent clairement les migrants venus de l’extérieur de l’Union, et en particulier les musulmans.
 
Chaque lundi, des milliers de manifestants bravent ainsi les intempéries pour descendre dans les rues de Dresde pour défiler sous la bannière de la PEGIDA (abréviation de Patriotische Europäer Gegen die Islamisierung des Abendlandes, ou Patriotes Européens Contre l’Islamisation de l’Occident).
 
Les premières de ces marches ont été lancées par Lutz Bachmann, un Dresdois sans passé ni coloration politique. Au début, en octobre, il n’y avait que quelques centaines de manifestants à le suivre. Mais le lundi 1er décembre, ils étaient 7500.
 
Le PEGIDA a inspiré d’autres mouvements similaires un peu partout en Allemagne. Aucun n’a encore l’ampleur de celui de Dresde, mais des marches ont été organisées dans plusieurs villes comme Düsseldorf et Munich.
 
Contrairement à ce qui s’était passé à Cologne en octobre, où une manifestation anti-salafiste avait dégénéré en violences houliganes, PEGIDA insiste sur son aspect non-violent.
 
Cela ne la met pas à l’abri des critiques. La semaine dernière, une contre-manifestation d’un millier de personnes a bloqué la marche de PEGIDA dans les rues de Dresde. Et à Kassel, les contre-manifestants se sont montrés plus nombreux que les manifestants qui défilaient contre l’immigration.
 
Ces opposants affirment que des néo-nazis ont infiltré le mouvement PEGIDA, ou du moins qu’ils se joignent à ses manifestations.
 
Lutz Bachmann, qui prône la « tolérance zéro envers les immigrés délinquants » s’est en partie décrédibilisé en reconnaissant – de force – qu’il avait lui-même un passé judiciaire : dans le passé, il avait été condamné pour vol et trafic de drogue. Il n’a pas convaincu tout le monde quand il a expliqué qu’il n’avait rien contre les véritables réfugiés politiques mais qu’il en avait après les migrants économiques qui ne viennent en Allemagne que pour profiter de son système, et qu’il n’avait aucun problème avec l’Islam mais qu’il s’inquiétait de l’érosion de la culture allemande.
 
Mais cela n’en fait pas un néo-nazi, à moins de faire dans l’amalgame facile. Amalgame qui avait jadis servi d’épouvantail à moineaux au régime de Berlin-Est pour justifier son maintien au pouvoir. Contre le peuple qui l’a finalement destitué.
 


 

 

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Published by Dom Bosco - dans Actualité
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