Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le livre d'heures de Dom Bosco
  • Le livre d'heures de Dom Bosco
  • : Commentaires au hasard des actualités, par un père et ses jeunes fils qui vont chercher l'info au lieu d'absorber passivement celle qu'on leur sert.
  • Contact

Recherche

Archives

20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 16:46

NK_pecheurs_calmars.jpg

 

En Corée du Nord, le calmar est une source de protéines indispensable, qui pallie aux carences de l’agriculture au point qu’il est considéré comme une ressource vitale à l’alimentation du pays. Mais les pêcheurs chinois, beaucoup mieux équipés que leurs homologues nord-coréens, écument les zones de pêche de la Mer de Corée et de la Mer du Japon, portant un coup terrible à l’activité des pêcheurs et, par suite, à l’alimentation de régions entières.
 
Un habitant de Chongjin, dans la province de Hamkyung-Nord, explique : « Pour tous les gens qui vivent le long de la côte est, le calmar est la principale ressource qui leur permet de vivre toute l’année. Mais récemment, des dizaines de bateaux de pêche chinois sont venus jeter et trainer leurs chaluts deux par deux, réduisant nos prises d’environ la moitié. »
 
La technique chinoise de pêche, qui consiste à utiliser un chalut remorqué par deux bateaux, un à chaque extrémité, est interdite dans de nombreux pays parce qu’elle fait prendre des bancs entiers de poissons ou de calmars, ne laissant rien pour reconstituer les ressources entre deux saisons. Elle est cependant monnaie courante en Chine.
 
« Les Chinois, avec leurs bateaux équipés des derniers matériels, vont partout et ils prennent tous les calmars », poursuit notre homme. « Tout ça parce qu’au milieu des années 2000 le Général [Kim Jong-il] a autorisé une société chinoise, dirigée par Jang Keum Chun qui est le petit-fils de Jang Wool-hwa, à venir pêcher le calmar. »
 
Jang Wool-hwa était un indépendantiste coréen qui avait combattu aux côtés de Kim Il-sung contre les Japonais au début des années 1930. Kim Il-sung parle de lui dans ses mémoires « Au fil du siècle ». C’est ce qui a valu à son petit-fils l’autorisation que lui a accordée le fils de Kim Il-sung, bien que Jang Keum Chun vive en Chine.
 
Le Chongjinois poursuit : « Avant, nos bateaux pouvaient attraper des calmars près de la côte, mais à présent il leur faut aller au large, plus loin que là où il y a les bateaux chinois. Ça veut dire qu’il faut naviguer sept à huit heures. Non seulement ça coûte une fortune en carburant, mais ça augmente le risque d’accident. » Il y a chaque année quelque 300 pêcheurs nord-coréens qui meurent en mer.
 
« Les gens avaient l’habitude de vendre leur calmar aux Chinois pour leur acheter du riz, mais maintenant que les Chinois pêchent eux-mêmes le calmar, on ne peut plus se procurer du riz. Avant, le calmar séché se vendait à plus de 10 000 Wons nord-coréens (environ 62€) le kilo, mais aujourd’hui il n’en vaut plus que la moitié. »
 
Diminution de moitié des prises en quantité, division par deux du prix de vente : on comprend que la situation financière des pêcheurs nord-coréens s’est fortement dégradée sur la dernière décennie. Leurs revenus ont été divisés par quatre en moins de dix ans.
 
Des voix se lèvent pour se plaindre : « Ils ont bradé la Mer de l’Est (nom coréen de la Mer du Japon) aux Chinois », ou encore « À cause d’une seule personne (Kim Jong-il), les choses vont de plus en plus mal pour beaucoup de gens. »
 
Les pêcheurs sud-coréens font le même constat : les Chinois écument les mers et tarissent les ressources halieutiques. L’an dernier, ils avaient pris 270 000 tonnes de calmar dans leurs zones de pêche à eux. Cette année, ils n’en ont pris que 170 000 tonnes. Pour eux, il est clair que c’est le résultat de la surpêche des Chinois dans les eaux nord-coréennes.
 


Partager cet article

Repost 0
Published by Dom Bosco - dans Marines
commenter cet article

commentaires