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  • : Commentaires au hasard des actualités, par un père et ses jeunes fils qui vont chercher l'info au lieu d'absorber passivement celle qu'on leur sert.
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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 00:31

Peshawar_apres.jpg

 

Le mercredi 17 décembre 2014, au lendemain de la tuerie perpétrée par les talibans contre une école de Peshawar, qui a fait 141 morts dont 132 enfants, le Pakistan a annoncé la levée de son moratoire sur la peine de mort dans les cas de terrorisme.
 
Les condamnations à mort, relativement fréquentes dans ce pays, n’étaient plus appliquées depuis 2008, le pays respectant un moratoire sur la peine capitale.

Le Premier ministre Nawaz Sharif, arrivé au pouvoir à l’issue des législatives de mai 2013, avait jonglé avec la possibilité de réintroduire la peine de mort, un projet alors dénoncé par des organisations de défense des droits de l’Homme et des diplomates européens. Le maintien du moratoire avait été considéré comme l’un des points clés ayant permis au Pakistan d’obtenir il y a un an le statut de "GSP+" lui permettant d’exporter sans barrière tarifaire de nombreux produits, notamment le textile, vers l’Union européenne, son premier partenaire économique.
 
Mais après l’attaque de Peshawar, « le Premier ministre a approuvé l’abolition du moratoire sur la peine de mort dans les cas de terrorisme », a déclaré un haut membre du cabinet de Nawaz Sharif.
 
L’attaque a soulevé une vague d’indignation au Pakistan, dont une partie de la population demande à l’état de faire le nécessaire pour la protéger des raids, pillages, assassinats et prises d’otages des islamistes.
 
On peut cependant se demander quel pouvoir dissuasif aura le rétablissement de la peine de mort à l’encontre des terroristes : souvent, leurs actions sont des actions suicides qui se soldent – comme à Peshawar – par la mort des assaillants au milieu de leurs victimes.
 


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Published by Dom Bosco - dans Droits de l'homme
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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 17:14

George_Stinney.jpg

 

George Junius Stinney, le jeune garçon noir qui est sur les photos ci-dessus, n'avait que 14 ans lorsqu'il a été exécuté en Caroline du Sud en 1944 après avoir été condamné pour le meurtre de deux jeunes filles blanches. Depuis des années, plusieurs avocats clament son innocence, réclamant la réouverture du dossier, ce qu’ils ont fini par obtenir en 2013. Le juge Carmen Mullins vient d’annuler la décision de justice 70 ans après. George Stinney se retrouve donc dans le statut d’un mineur tué sur la chaise électrique sans avoir été condamné, puisque son jugement a été annulé…
 
Les faits remontent à1944. George Junius Stinney Jr. n'a alors que 14 ans. Ce jeune garçon noir est condamné pour le double meurtre de deux jeunes filles blanches, Betty June Binnicker, 11 ans, et Mary Emma Thames, 8 ans, dans le comté de Clarendon en Caroline du Sud. Le 23 mars 1944, les corps des deux enfants portées disparues depuis la veille, sont retrouvés. Elles ont été battues à mort.
 
Aucun élément ne lie George Stinney à leur mort, si ce n’est qu’il est le dernier (du moins : le dernier connu de la justice) à les avoir vues vivantes. Il serait allé de lui-même signaler à l'équipe de recherche après avoir vu un avis de recherche que les deux fillettes, qui se promenaient à vélo, s'étaient arrêtées devant chez lui pour lui demander où elles pouvaient trouver un certain type de fleur.
 
Le lendemain de la découverte des corps, il est arrêté. Le surlendemain, accusé d'homicide au premier degré. Le 24 avril se tient le procès, un des plus rapides de l'histoire. George est le seul suspect, aucun témoin n'est appelé à la barre. Après dix minutes de délibération, le jury, composé de douze hommes blancs, rend son verdict : condamnation à mort par la chaise électrique. Les protestations de syndicats, de religieux et la NAACP, une association de défense des droits civiques des citoyens de couleur, n'y changeront rien.
 
L'exécution a lieu trois mois après le crime, au petit matin du 16 juin 1944, dans la prison de Colombia. Pendant que le garçon s'avance jusqu'à la chambre d’exécution, une Bible à la main, quelques témoins assistent à la scène. Leur récit effroyable fait le tour de la planète : les bourreaux éprouvent des difficultés à attacher le garçon sur la chaise, en raison de sa petite taille. Sa Bible est placée sous ses fesses afin de le rehausser (d’autres sources parlent d’un annuaire téléphonique).
 
Son masque, censé couvrir son visage, est lui aussi trop grand, et tombe pendant l'électrocution, exposant à l'audience son visage qui se tord de douleur. Quatre minutes plus tard, George Stinney est déclaré mort.
 
Maintenant que sa condamnation a été annulée, on ne sait pas si un nouveau procès va s’ouvrir. Mais à quoi bon ? Pour aboutir à un non-lieu ? Pour laver sa mémoire du double crime ? Pour se donner bonne conscience ? Cela ne le fera pas revenir d’entre les morts, cela ne lui permettra pas de vivre la vie qu’on lui a arrachée.
 


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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 11:57

NK_gardienne_camp.jpg

 

L'Assemblée générale de l'ONU a adopté ce jeudi 18 décembre et à une large majorité une résolution appelant à saisir la Cour pénale internationale (CPI) pour les crimes contre l'humanité commis par le régime nord-coréen.
 
Ce texte non contraignant (donc, quelque part, de pure forme) a été adopté par 116 voix pour, 20 contre et 53 abstentions sur les 193 pays membres de l'assemblée.
 
La résolution, parrainée par 62 pays, demande aussi au Conseil d'envisager des sanctions ciblées contre les dirigeants nord-coréens pour la répression menée dans le pays.
 
Ce vote de l'assemblée en plénière confirme une décision prise le 18 novembre par la commission des droits de l'homme de l'assemblée. Elle se fondait sur un rapport accablant d'une commission d'enquête de l'ONU qui accusait la Corée du Nord de commettre des atrocités sans égal dans le monde contemporain.
 
Il revient au Conseil de sécurité de saisir la CPI, compétente pour les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité. Mais la Chine, qui protège son allié nord-coréen, opposera son veto à une telle saisine.
 
Le Conseil de sécurité doit tenir lundi sa première réunion spécifiquement consacrée à la situation des droits de l'homme en Corée du Nord, mais il ne prendra pas de décision. Il ne peut pas en prendre compte tenu du soutien de la Chine (et, dans une moindre mesure, de la position louvoyante de la Russie sur ce sujet).
 
Les Nord-Coréens enfermés à vie dans les camps de concentration pour des crimes qu’ils n’ont, souvent, pas commis, apprécieront comme il se doit la solidarité et l’empathie dont font preuve entre eux les régimes claquemurés contre leurs propres peuples. Ou plutôt : ils l’apprécieraient s’ils savaient qui empêche le Conseil de Sécurité de l’ONU de saisir la CPI, ce qu’ils ne sauront probablement jamais.
 


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