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  • : Commentaires au hasard des actualités, par un père et ses jeunes fils qui vont chercher l'info au lieu d'absorber passivement celle qu'on leur sert.
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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 11:52

Evora.jpg

 

Depuis le 25 novembre 2014, la prison d’Évora, à 130km à l’ouest de Lisbonne au Portugal, ressemble à une annexe du Parti Socialiste. Le fondateur du Parti et ex-président de la République, Mário Soares, l’ancien premier ministre António Guterres et d’autres pontes du Parti rendent visite au détenu n°44, qui n’est autre que José Sócrates, chef du gouvernement entre 2005 et 2011.
 
Accusé de corruption, fraude fiscale et blanchiment de capitaux, il est en détention provisoire en attendant son jugement.
 
Il a été arrêté le 21 novembre à l’aéroport de Lisbonne à sa descente de l’avion qui l’emmenait de Paris, où il réside. Il faut dire que le train de vie qu’il affiche depuis qu’il a quitté le Portugal pour s’installer en république socialiste française interpelle ses ex-administrés : il s’est inscrit à un doctorat de sciences politiques à 13 000 € l’année, il vit dans un appartement de luxe à Passy pour un loyer de 7 000 € mensuels, il mène grand train dans les restaurants huppés de la capitale française et il paye un train de domestiques et un chauffeur privé.
 
Autant de choses qui font désordre de la part de celui qui a été aux affaires lors de la grande crise de l’économie portugaise en 2008-2010 et qui a laissé un pays exsangue et à deux doigts de la faillite. Personnage haut en couleurs, José Sócrates avait annoncé sa démission du poste de Premier ministre en mars 2011, après le rejet au Parlement d’un nouveau programme d’austérité budgétaire. Peu après, le Portugal avait été contraint de demander une aide financière de 78 milliards d’Euros à l’Union européenne et au Fonds monétaire international, en échange d’un programme de rigueur sur trois ans.
 
Non sans panache apparent, José Sócrates avait renoncé à la retraite à laquelle il avait droit en tant qu’ex-premier ministre… juste après avoir supprimé la pension de tous ses successeurs. Commentateur à la télévision publique RTP, il refusait, bon prince, d’être payé, arguant que l’expression de ses opinions relevait de son devoir envers les Portugais.
 
Mais les autorités portugaises ont repéré des « opérations bancaires, mouvements et transferts de fonds non justifiés » sur les comptes de l’ex-premier ministre.
 
Depuis son arrestation spectaculaire à l’aéroport de Lisbonne, le laboratoire pharmaceutique Octapharma a cessé de lui verser ses 12 000 € mensuels pour des activités de conseil dont la nature n’a pas encore été clairement établie. Mais ce salaire ne suffit pas à expliquer le train de vie de José Sócrates, estimé à 15 000 €/mois, pas plus qu’il n’explique comment il s’est constitué son patrimoine personnel, estimé à quelque 20 millions d’Euros…
 
Depuis sa prison, l’ex-premier ministre déclare ne s’être jamais senti aussi libre : « Les gens ne perdent leur liberté que s’ils perdent leur dignité. Je ne me suis jamais senti aussi libre ! » Il n'empêche qu'il a fait appel de la décision de le placer en détention provisoire.
 
Depuis sa cellule, il a écrit plusieurs lettres aux médias pour se défendre. Il explique avoir financé ses dépenses par un crédit bancaire grâce à l’aide de sa mère, affirme que son logement parisien (d’une valeur de 3 millions d’Euros) lui était prêté par un ami, Carlos Santos Silva – un saint homme sans doute, qui renonce à un loyer de 7000 €/mois par simple amitié.
 
Lequel Carlos Santos Silva a été arrêté, soupçonné de n’être qu’un homme de paille. Et le chauffeur de José Sócrates est lui aussi en prison : il est accusé d’avoir transporté l’argent liquide de son ex-patron.
 
José Sócrates a été présenté au juge le samedi 22 novembre 2014. Il pourrait rester en détention préventive pendant trois ans ou trois ans et demi, avant l’ouverture de son procès. Ironie du sort, c’est sous son gouvernement que la prison d’Évora a été réhabilitée et transformée en établissement spécial pour VIP à surveiller.
 
L’ancien président socialiste de la République, Mário Soares, a cru bon de déclarer qu’il avait eu les larmes aux yeux en voyant José Sócrates sous les verrous. Pour lui, l’incarcération d’un ancien dirigeant politique est une infamie qui devrait être interdite.
 
Il n’est pas sûr que cette absolution soit de nature à ramener les électeurs vers le Parti Socialiste portugais.
 


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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 00:50

Poutine_orange.jpg

 

Vladimir Poutine a ordonné à ses responsables de la sécurité nationale de faire tout ce qui est nécessaire pour empêcher l’éclosion d’une « révolution colorée » en Russie, comme celle qui a fait chuter l’ancien pouvoir en Ukraine.
 
« Dans le monde moderne, l’extrémisme est utilisé comme instrument géopolitique et pour la reconstruction des sphères d’influence. Nous voyons les tragiques conséquences auxquelles ont mené les soi-disant révolutions colorées », a expliqué le président russe.
 
« Pour nous, c’est à la fois une leçon et une mise en garde. Nous devrions faire tout ce qui est nécessaire pour que rien de tel ne se produise jamais en Russie. »
 
Ces révolutions colorées, qu’elles soient pourpre, orange ou autre, désignent les soulèvements populaires qui ont renversé les pouvoirs en place dans plusieurs anciennes républiques soviétiques, dont l’Ukraine, la Géorgie et le Kirghizistan depuis les années 2000, c’est-à-dire dix ans à peine après la dissolution de l’URSS.
 
Pour le Kremlin, ces révolutions colorées sont des coups d’état déguisés fomentés par l’Occident.
 
C’est bien connu : le maintien au pouvoir justifie tous les mépris envers les mouvements populaires, quitte à les grimer en marionnettes des pouvoirs adverses. Quitte aussi à déstabliser les pays concernés pour prouver que les révolutions colorées ne mènent à rien, sinon au chaos et à la guerre civile.

 

Et le peuple dans tout ça ? Les gens, qui s’en soucie ? C’est peut-être parce qu’ils se sentent négligés qu’ils renversent les potentats.
 


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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 11:58

debat du 6 novembre

 

Vous croyiez que le président de la République avait enfin compris les fondements de l’économie, qu’il avait pris la mesure des enjeux de la création d’emplois et que, proche des gens et à leur écoute, il avait à cœur de répondre à leurs préoccupations ?
 
Un extrait de sa prestation télévisuelle du 6 novembre vous ramènera sur terre.
 
Lors des échanges avec quatre Français représentatifs de la population inquiète, Hasen Hammou, jeune diplômé en droit issu de l’immigration mais qui ne trouve pas de travail et en est réduit à vivre du RSA, a souhaité parler avec le président de l’accompagnement des jeunes diplômés qui peinent à trouver une solution.
 
La première réponse présidentielle prouve que François Hollande n’a rien écouté et qu’il ressort des éléments de langage appris à l’avance : « Notre premier devoir est de faire en sorte que notre économie marche mieux. C’est difficile pour un jeune d’entrer sur le marché du travail avec une qualification et c’est quasiment impossible quand il n’en a pas. C’est pour cela que l’on a créé les emplois d’avenir. »
 
Relancé par Hasen Hammou qui considérait sans doute que l’explication ne répondait pas à sa question, François Hollande a enfoncé le clou : « Je vais vous faire une proposition, on va avoir cet enjeu de la politique du climat, on a besoin de faire des diagnostics, on va créer des emplois d'avenir sans condition de diplôme. » Et de promettre la création de 15 000 emplois d’avenir supplémentaires, sans condition de diplôme.
 
Le jeune diplômé se plaint que ses brillantes études ne lui aient encore servi à rien, et le Président lui répond qu’il va aider les sans-diplômes en leur créant artificiellement 15 000 emplois. François Hollande aurait voulu expliquer qu’il n’entendait rien mais qu’il avait plein d’idées qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Il n’a évidemment pas dit qui allait financer ces 15 000 emplois, mais l’auditeur contribuable devant son écran a commencé à comprendre où le clou allait être enfoncé en fin de compte.
 
D'ailleurs, quand Gilles Bouleau, le journaliste qui animait le débat, lui a fait remarquer à juste titre que ces 15 000 emplois vont avoir un prix en remarquant « Mais… ça coûte très cher ! », le Président a eu ce mot sublime : « Ça ne coûte rien, c’est l’État qui paie ! »
 
Là, on comprend mieux les fondamentaux de la pensée de François Hollande : l’argent public ne coûte rien, on peut le dépenser à foison sans se soucier de remplir la caisse.
 
Certes, il peut s’agir là d’une pensée inaboutie, approximative, bâtie par empilement de formules creuses et d’éléments de langage concoctés par des communicants et régurgités par un pélican qui n’a pas les moyens de les digérer et de les relier entre eux. Mais tout de même… un gamin de 14 ans ne s’y laisserait pas prendre, avec son brevet des collèges comme seul diplôme, et le président a fait Sciences-Po, HEC et l’ENA… Et le gamin aurait au moins essayé de répondre à la question qu’on lui avait posée.
 


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